En 1935 paraît, pour La Voix de son Maître, le premier album
jamais consacré à l'oeuvre pour clavier de Domenico Scarlatti
sous les doigts de la claveciniste Wanda Landowska. L'étude
de cette «composition d'interprète», fondée principalement sur des
documents d'époque, tente de porter un nouveau regard sur la réalisation
des enregistrements pionniers en rompant avec la traditionnelle
critique discographique comme avec la comparaison
d'interprétations. L'enquête menée en compagnie du lecteur met
l'accent sur les rapports intimes qui lient l'artiste au compositeur
qu'il défend et analyse, d'une manière exempte de tout jugement
esthétique, les moyens littéraires, techniques et musicaux dont
Wanda Landowska disposait dans le premier tiers du XXe siècle pour
réaliser cette oeuvre phonographique unique. Les vingt sonates que
la claveciniste sélectionne et agence avec soin représentent un témoignage
acoustique historique et daté. L'exemple que constitue ce premier
album Scarlatti s'inscrit dans ce qui sera sans aucun doute le
défi musicologique du XXIe siècle, l'établissement d'une histoire raisonnée
de l'interprétation musicale à travers le produit phare du XXe
siècle cependant voué à une disparition prochaine : le disque.