Cet ouvrage réunit les écrits théoriques de Jonathan Richardson (1667-1745), et de
son fils Jonathan Richardson (1694-1771) publiés à Londres de 1715 à 1725, dans la
version traduite en français par Antoine Rutgers et Lambert Ten Kate, qui fut publiée à
Amsterdam en 1728 et supervisée par Richardson.
Ces écrits esthétiques sont les premiers du genre publiés, en Angleterre, avant Hogarth
(Analyse de la beauté - 1753) et les Discours de Reynolds (1769-1792). Ils participent
à la formation du goût pour la peinture en Angleterre, au moment du passage d'une
peinture décorative à une peinture expressive qui prend en compte la subjectivité du
spectateur. Ils traitent du statut de l'artiste et de la fonction de l'art, bien avant la
formation de la Royal Academy en 1768.
Richardson fonde l'émergence d'un art national en donnant au portait - le genre dominant
pratiqué par les artistes anglais, et lui-même en particulier - les qualités d'un grand art
moderne, comparable à la peinture d'histoire (elle-même absente du débat anglais). Ces
essais, à valeur éducative, visaient un public nouveau issu des classes moyennes, en
quête d'identité culturelle et apparu dans l'Angleterre des Lumières avec l'avènement de
la nouvelle monarchie parlementaire. Leur publication apparaît aujourd'hui comme le
grand projet indispensable à la connaissance de cette période de l'histoire de l'art.