«Paris est un semeur. Où sème-t-il ? dans les ténèbres. Que
sème-t-il ? des étincelles. Tout ce qui, dans les intelligences
éparses sur cette terre, prend feu ça et là, et pétille, est le
fait de Paris. Le magnifique incendie du progrès, c'est Paris
qui l'attise. Il y travaille sans relâche. Il y jette ce combustible,
les superstitions, les fanatismes, les haines, les sottises, les
préjugés. Toute cette nuit fait de la flamme, et grâce à Paris,
chauffeur du bûcher sublime, monte et et se dilate en clarté.
De là le profond éclairage des esprits.»
Lorsqu'il compose cet essai, qui sert de préface à un livre
publié à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, Victor
Hugo a quitté Paris et la France depuis seize ans. Très inspiré,
il compose dans l'exil un texte héroïque et majestueux, où
il compare la capitale de la France à Athènes, Rome et
Jérusalem. Dominique Fernandez parle ici de «splendide
utopie».