«Il réfléchit une seconde.
- Il n'y a pas de règle, dit-il. Sauf peut-être une seule : qu'il
ne faut pas trop travailler. Cesse de croire que la paresse est
un défaut ; elle est, au contraire, la mère de toutes les vertus et
non pas, comme on le prétend, de tous les vices. Parce qu'elle
ne nous impose aucune contrainte, elle permet à nos vertus
naturelles d'éclore et de croître dans une divine liberté. C'est
par elle, et par elle seulement que nous réalisons de grandes
choses : "Tout ce qui est divin est sans effort", affirmait déjà
Eschyle. Oui, la paresse est divine en son essence.»
Ce premier roman d'André Coûteaux met en scène
Antoine, qui très tôt se rend compte que la fainéantise est sa
seule compétence. De là il déploiera des ressorts d'ingéniosité
pour s'épargner le devoir de gagner sa vie en travaillant.
Pour Antoine, la paresse est «encore la seule aventure que
nous puissions vivre en ces temps contrôlés». Un monsieur
de compagnie fut adapté au cinéma en 1964 par Philippe de
Broca dans une version aujourd'hui redécouverte.