Les études réunies dans ce volume conduisent à repenser les
notions de transmission, de filiation et de généalogie, selon une
approche politique. Elles analysent la prégnance des modèles familiaux
dans les représentations collectives et travaillent à dérouter les
schèmes de la parenté dans les savoirs. On y trouvera diverses
tentatives pour déjouer le paradigme généalogique selon trois axes :
- une réflexion sur la transmission qui procède à un renversement
générationnel, en partant de l'enfant et de la haine qu'il peut susciter.
Les notions de temps et de patrimoine y trouvent de nouvelles
définitions.
- un nouveau regard anthropologique qui permet d'envisager
différemment la généalogie. La transmission du nom par les mères,
l'invention des ressemblances familiales, la déroute des lignages en
dessinent les pistes.
- une attention critique aux mutations politiques et
communautaires. Les Caraïbes, l'Australie, l'Arménie, l'Iran, y
présentent autant des lieux que des mémoires où se jouent une
reconstruction des appartenances et une nouvelle pensée des
identifications.
Les recherches se sont exercées en traversant allègrement les
champs disciplinaires, sans pour autant les ignorer, car la critique a visé
aussi des savoirs en tant que tels. La sociologie, l'ethnologie, la
psychanalyse, les études post-coloniales côtoient la philosophie,
l'histoire et la littérature.