L'histoire du théâtre et les différentes élaborations théoriques d'une
«théâtrologie» accordent peu de place au «fantastique». Le discours
sur le «genre» dit fantastique est rarement envisagé par les spécialistes
de la scène, et l'approche du fantastique se réduit très souvent à une
tentative de «naturalisation», où d'autres étiquettes s'imposent, mais
qui peinent tout autant à dessiner des frontières fermes et définitives.
Parallèlement, les recherches consacrées au fantastique littéraire
abordent le théâtre sous un angle uniquement textuel, oubliant que le
théâtre trouve sa réalisation dans un espace scénique. On assiste dès
lors à un phénomène de «dénaturation», où les effets recherchés
recouperaient ceux de textes dits canoniques.
Loin de se contenter de cette bipolarisation où s'imposent la naturalisation
et la dénaturation, Otrante a jugé nécessaire d'envisager une
ligne de partage placée sous la liaison ambitieuse entre «théâtre» et
«fantastique».
Partant du principe d'une impossibilité de conceptualisation
théorique si la précellence est donnée à l'un ou l'autre «genre» (théâtre
vs. fantastique), les études ici réunies entendent ainsi cartographier un
territoire qui pour l'instant n'avait pas de nom ni véritablement de
localisation.