Les trois premières parties, entièrement consacrées à Nerval, disent, en
charriant une somme considérable d'indications neuves, que le rapport
de ce poète à lui-même ne se comprend que par l'élucidation de ses
relations avec les autres : avec les symboles qu'il a recueillis du Moyen
Âge, avec de grandes oeuvres de la Renaissance, avec son singulier
XVIIIe siècle, et, parmi ses plus proches, avec Goethe et le problème de
la traduction, avec Lamartine, Wagner, Chassériau. Ce n'est que sous le
jour de ces dialogues simultanés que s'éclairent l'étrangeté de ce poète
et son imagination extraordinaire. Parmi les manifestations de celle-ci
sont étudiés ici, outre le fait du poème en son être propre, ses figurations
de la revenance, sa politique, et aussi son érotique. De sorte que
c'est un ouvrage à plusieurs entrées sur les palimpsestes de la mémoire
nervalienne que les amis de Jacques Bony ont écrit ensemble. Et l'on
comprend qu'il s'achève, dans sa quatrième et dernière partie, par de
nouvelles études sur de grands contemporains du poète (sur Musset,
Guérin, Baudelaire, Hugo), leur écart respectif contribuant à découper
le visage singulier de Nerval.