Huit jeunes gens disparaissent mystérieusement entre 1980 et 1988
dans la région Champagne-Ardenne ; des appelés pour la plupart,
dont on ne retrouvera jamais les corps. Pendant des années se
développe une polémique autour des «disparus de Mourmelon»,
entretenue par le mutisme obstiné de l'armée.
Par hasard, au cours de l'été 1988, l'adjudant-chef Pierre Chanal, qui
a longtemps servi à Mourmelon, est arrêté au volant de son combi
Volkswagen, avec un jeune hongrois qu'il a séquestré pendant plus
de vingt heures. Immédiatement, cet homme devient le suspect
numéro un de ce qui restera une des affaires criminelles les plus
scandaleusement maltraitées par la justice française. Au bout de
vingt ans d'enquête, son procès s'ouvre enfin le 14 octobre 2003.
Pierre Chanal choisit de se suicider sous le nez de ses gardiens au
soir du premier jour.
Ce livre est l'histoire d'un prédateur, l'histoire de jeunes gens évanouis
dans la nature, l'histoire de deux avocats qui ont porté ce dossier
pendant quinze ans, l'histoire d'un enquêteur et d'un juge lancés dans
une traque ; l'histoire enfin d'une justice en bout de course - qui n'a
jamais fait le lien avec d'autres «disparitions» intervenues quelques
années auparavant au camp du Valdahon, alors que Chanal y était
instructeur - et dont l'incompétence a figé les familles des victimes
dans un silence étouffant.