- Vous n'auriez pas vu mon mari ?
Personne chez l'épicier de la rue des Écouffes. Personne à la pharmacie, au café de la rue des Rosiers. Personne au métro Saint-Paul, dans la rue Saint-Antoine, jusqu'à Bastille. À 10 heures du soir, ce vendredi de mai 1941, Victor Crespi devrait pourtant être rentré. Sa femme, sa fille Élise et son fils Simon, onze ans, sont inquiets. La nouvelle tombe le lendemain : Victor Crespi a été arrêté par la police française, alors qu'il rentrait du travail. Le mot « juif » était inscrit au tampon rouge sur sa carte d'identité. Ce qui a suffi à rendre coupable cet innocent. Et à l'expédier dans un camp du Loiret.
Pour Simon et les siens commence une longue errance, parsemée d'autres rafles, d'autres larmes, d'autres crimes. Protégé puis trahi, Simon va découvrir la peur, l'abandon, la culpabilité, mais aussi l'amour et le courage. De caches en fuites, il ne lui restera bientôt que le peigne en écaille de sa mère pour s'accrocher à la vie...
« Parler est digne. Parler est humain. Dire est indispensable. Et la vigilance est un devoir. Ce beau livre, émouvant et fort, en atteste. »
Joseph Joffo