1930
Laura, comme son aïeule Amélia, est
une âme forte. Mais les temps ont
changé. Trois générations plus tôt, «la
Dame» ne pouvait qu'endurer avec
dignité son sort malheureux ; Laura, elle,
refuse la soumission et le sacrifice, traditionnel
apanage des femmes, et prend
en main son destin : son métier d'institutrice
garantira son indépendance.
Mais quand, à vingt ans, elle quitte la
Savoie pour rejoindre son premier poste,
près de Paris selon son voeu, sa déception
est à la mesure de la dure réalité :
une banlieue désolée, une école misérable,
une vieille directrice qui l'accable
de brimades et terrorise les élèves.
Déracinée, solitaire, Laura ne fléchit
pas : l'épreuve trempe sa volonté.
Il lui faut patience et courage avant de
pouvoir laisser parler son coeur dans son
enseignement, avant d'étrenner la nouvelle
école, moderne et confortable. Peu
à peu elle conquiert la vie dont elle
rêvait, hante musées et théâtres, les bals
et le Paris des artistes, s'amuse en compagnie
d'une joyeuse bande d'instituteurs
ou se réchauffe à l'amitié de sa collègue
Yvonne.
Au terme de cette «initiation», la petite
provinciale empruntée s'est muée en
une jeune femme élégante, vive, capable
d'assumer ses choix.
Été 1945
Laura a trente-cinq ans. La guerre se termine
enfin. On recommence à croire au
bonheur. Laura rencontre alors un officier
américain de passage à Paris, qui
attend son ordre de départ. Avec John,
elle ose vivre une belle histoire d'amour
que la séparation prochaine nimbe d'un
romantisme poignant...