Parus en 1936 et 1937, Colette et Dévergondages ont été attribués à Renée Dunant, journaliste des années 30 et auteur prolixe de romans galants. Elle fut la première femme à oser publier sous le manteau des oeuvres libertines d'une puissance et d'une crudité encore jamais atteintes par ses consœurs. Ces deux textes à ne pas mettre entre toutes les mains en sont le plus beau fleuron. Colette est une femme du monde légère et frivole, nymphomane et exhibitionniste, qui ne vit que pour ces "amusements de bon ton" auxquels son mari assiste, impassible : "A vingt ans, dit-il, elle a toutes les expériences d'une longue vie de lupanar. Et pourtant il n'y a pas visage plus séduisant et plus frais que le sien, corps plus exquis, plus jeune, plus virginal." On retrouve dans Dévergondages, l'obscénité allègre de Colette et cette façon directe d'envisager sans pudeur et sans perversité les expériences amoureuses les plus extrêmes.