Quatre voies principales peuvent conduire à la définition d'un humanisme élargi et renouvelé : deux d'entre elles sont constituées par l'étude des sagesses classiques de l'Orient et de l'Occident ; la troisième procède d'une réflexion philosophique prenant appui sur l'ensemble des acquis scientifiques récents ; la quatrième, qui est essentiellement d'ordre méthodologique, s'apparente à une conception ancienne, déjà platonicienne, mais trop délaissée depuis longtemps, de la philologie.
Leur convergence dans une harmonieuse complémentarité, à laquelle Tôzai - Orient et Occident - souhaite apporter une contribution originale, représente un enjeu culturel majeur immédiat dans un univers actuellement caractérisé par une mondialisation de plus en plus rapide de toutes les activités des hommes.
Rechercher, dans une sorte de retour aux racines de l'humain, à travers des divergences, une unité perdue, mais réelle et vivante en puissance, incite tout naturellement à s'intéresser aux macrofamilles de langues. Dans ce domaine complexe, Tôzai accorde, avec rigueur et méthode, une attention toute particulière aux origines du japonais, qui demeurent encore bien mystérieuses, et à celles du proto-indoeuropéen, sur lesquelles se multiplient depuis deux décennies les hypothèses, qui évoquent tantôt un ensemble nostratique, tantôt une unité eurasiatique.
Tôzai, enfin, veut être l'écho d'une coopération et d'une collaboration exemplaires entre deux établissements d'Enseignement Supérieur, l'un d'Europe, l'autre d'Asie, l'Université de Limoges et l'Université Meiji Gakuin de Tokyo.
A l'équipe fondatrice franco-japonaise se sont joints, pour la rédaction de ce numéro 3 de Tôzai, des philologues d'Afrique (le doyen Grékou, de l'Université de Bouaké) et d'Europe (Espagne, France, Lituanie).