Nous sommes tous un peu homme et un peu femme. Mais
chez les Orvilley de Magneville, on est soit l'un soit l'autre,
aucune ambiguïté ne sera tolérée. Or Eric, ayant prétendu
qu'on lui aurait dissimulé un jumeau à la naissance, affirme
maintenant qu'il s'agirait d'une jumelle. Il la sent, comme il
dit, "à l'intérieur de lui". Il veut la retrouver. Souffre-t-il alors
de dédoublement ? Ou serait-il vraiment né fille, aussitôt
transformé en garçon pour d'obscures raisons, par d'obscurs
parents, dans de sinistres conditions ? Le fait est que chez Eric
la féminité refait lentement surface, depuis quelques mois !
Dès lors, le trouble des parents ne viserait plus la folie de leur
fils, mais leur panique devant la remontée inexorable, élément
après élément, de leur inavouable crime.
Après "Tous sexes confondus" (premier volet), "La prise
femelle" forme le deuxième volet d'un roman sur ce thème,
cher à l'Antiquité, de la dualité humaine. Une femelle en tout
mâle, un mâle en toute femelle.