Sylvia Lawson serait-elle un peu la Simone d'Australie ?
Toujours est-il que, à son instar, elle juge essentiel de témoigner
de son temps, d'explorer la notion de nationalité en "cette triste
période de l'histoire de mon pays" et d'y traquer sans relâche les
impérialismes de tout genre : récupération de la culture aborigène,
nivellement du politique, mondialisation de l'information, attitudes
rétrogrades ou antiféministes...
Sa pensée aiguë et son regard ironique, mais non dénué d'humour,
se posent ici sur des problèmes de fond en trois récits qui mêlent
critique littéraire, histoire, fiction, et se nourrissent de détails de la
vie quotidienne, anecdotes, voyages...
Mais si Sylvia Lawson observe des situations propres à l'Australie
et nous aide à mieux connaître et comprendre ce pays, elle nous fait
également sentir les liens profonds que la culture française a établis,
presque à notre insu, avec le reste du monde.
Ignorances, absences et amnésies sont, en Australie, ni tout à fait
les nôtres ni tout à fait autres... là comme ailleurs, elles valent la
peine d'être revisitées.