Après avoir dirigé longtemps un service hospitalier
en région parisienne, Sandrine Bussière
évoque ici ses rencontres avec des malades
atteints du sida qui l'ont marquée, qu'elle a aimés, soignés,
et même accompagnés jusqu'à la fin, dans des
récits poignants mais aussi pleins d'espoir.
Ce service se singularisait par sa volonté d'humanisation.
Le patient était au centre des préoccupations des médecins
et des soignants ; préoccupations scientifiques,
certes, mais surtout humaines. Il était accueilli, écouté,
pris en considération. Peu à peu s'installait une atmosphère
cordiale où chacun s'ajustait à l'autre. Il ne
s'agissait plus seulement de pratiquer des examens, de
poser des diagnostics ni d'appliquer des traitements,
mais du respect de la personne, dans toute sa dignité.
Puis le déficit de la Sécurité Sociale a progressivement
pris le pas sur toute considération humaine. Les équipes
médicales et soignantes de nombreux hôpitaux
et cliniques ont été mises à mal au profit d'économies
illusoires. Et ce fut la fermeture de ce service, comme
de beaucoup d'autres.
«Cet ouvrage a la modestie de
montrer ce que peut être une
médecine humaine. Elle ne coûte
pas plus cher, car c'est une affaire
de coeur, et non de gros sous.»