Albert Claverie (Orthez 1921-2001) cultiva tout au long de
sa vie un sens aiguisé des valeurs humaines. Et lorsqu'à
20 ans, il croise les larmes d'un père humilié par
le gouvernement français, inféodé au pire des occupants,
naissent alors son engagement pour la liberté et sa foi dans
la vision de la France du général de Gaulle.
Engagé dans la résistance syndicaliste en Lot-et-Garonne, il
paie cher son insoumission à l'État pétainiste. Victime de plusieurs
dénonciations, il tombe avec deux camarades orthéziens
dans le piège tendu par un passeur collaborateur. Il traverse
alors les pires événements du XXe siècle, emprisonné pendant
deux ans dans le Kommando Heinkel, annexe du camp de
concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen.
Rescapé de cet ailleurs sans nom, il engagea à compter des
années soixante-dix une action de sensibilisation de la jeunesse
locale, et soumit son témoignage au public dans un
ouvrage intitulé 66213. Albert Claverie perpétua ainsi la
mémoire de ses camarades, victimes de l'idéologie nazie.
Attentif au développement des intelligentsias négationnistes,
il misa sur la jeunesse du monde, dépositaire d'une mémoire
douloureuse, mais fondatrice.
Cet ouvrage reprend les mémoires d'Albert Claverie, enrichies
par son fils Michel de documents de l'époque, d'entretiens
radiophoniques et de notes personnelles.