Il en va des pays comme des hommes. À un moment ou à
un autre de son existence, on en rencontre un par hasard
et on en tombe amoureux. C'est ce qui est arrivé à Danièle
Gervais-Marx quand elle a découvert le Portugal. Elle n'aurait
peut-être pas développé le même intérêt pour ce pays si
elle n'avait pas vécu un moment de son histoire qui l'a littéralement
transfiguré, la Révolution des OEillets d'avril 1974.
L'extrême complexité de la révolution est ici évoquée à partir
de témoignages de certains résistants anti-salazaristes
que l'auteur a côtoyés.
Mais ce livre ne raconte pas seulement l'élan d'enthousiasme
du printemps 1974, il rappelle aussi les années difficiles qui
ont suivi.
Il dépeint la forte personnalité de ce pays, un pays «de gens
qui se sont jetés dans l'océan, [qui] ont donné au monde des
fous nobles et courtois, des esclavagistes et des poètes
malades d'infini», comme l'a écrit Antonio Tabucchi.
Reste que le Portugal a marqué l'Europe jusque dans son
histoire la plus récente et que le monde lusitanien s'étend
sur tous les continents.