Faut-il avoir peur de manquer d'énergie ? Confrontés
aux divers scénarios plus ou moins catastrophistes qui
nous sont présentés sur l'avenir de la Terre, nous
savons que nous grillons notre planète par les deux
bouts mais nous ne voulons pas le croire vraiment et
nous ne modifions pas nos modes de vie. Des
expériences importantes montrent pourtant la voie :
conseil en énergie, éducation au lycée, plan
énergétique associé au plan local d'urbanisme ou
encore résidence HQE soutenue par l'Europe. Ce
numéro de Cosmopolitiques veut montrer comment
les citoyens parviennent à reprendre prise sur des
modèles de consommation profondément ancrés, en
visant d'abord la réduction de notre consommation,
en recherchant l'efficacité énergétique qui est la seule
voie durable car nous réalisons une véritable extorsion
de plus-value énergétique au détriment des pays du
Sud. Les récits des pratiques différentes ne sont pas
anecdotiques : ils doivent nous aider à repenser notre
rapport au cosmos et à mieux repérer les termes du
débat sur le pic de Hubbert et la fin du pétrole, ou
encore sur ITER et les miracles attendus de la fusion
nucléaire. Grâce à des interventions contrastées, le
débat peut être éclairé et nous donner l'énergie
nécessaire pour inventer nos cosmopolitiques
énergétiques et non penser par stéréotypes, aussi
écologistes soient-ils.
Nous pratiquons désormais des «cosmopolitiques»
parce que les liens qui nous attachent à nos mondes ne
sont pas à trancher mais à rediscuter, parce que la
complexité est la base même de toute l'écologie, parce que
l'incertitude de notre temps rend caduques ou ridicules les
prétentions dogmatiques ou technocratiques. Ces «Cahiers
théoriques pour l'écologie politique» se veulent une
contribution régulière pour penser l'activité politique des
acteurs qui font tenir ces collectifs incertains, qui cherchent
à recomposer des espaces de pouvoir ouverts.