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Les bonnes de La Havane

Pedro Pérez Sarduy
  • 09/10/2007
  • Ibis rouge
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Couverture de Les bonnes de La Havane par Pedro Pérez Sarduy

Résumé

Je frappai à la porte et une femme d'une bonne trentaine d'années, mais assez bien conservée, sortit. Je me présentai et sans m'inviter à entrer, celle qui paraissait être la maîtresse de maison me dit qu'elle s'était déjà engagée auprès d'une autre bonne qui était venue ce matin même. Pendant qu'elle m'expliquait cela, pour mon plus grand désespoir, apparut à la porte un monsieur déjà d'un certain âge, avec des manières un peu bizarres, dont j'ai su par la suite qu'il était un oncle célibataire, qui avait écouté ce que je racontais à la dame : que je venais d'arriver de la campagne, que j'avais besoin de trouver du travail et que je savais bien tenir une maison.

« Celle que ton agence a envoyée ne m'a pas plu, Ofe, dit l'oncle, pour demander aussitôt après, d'un air indifférent, mais qui révélait qu'en dernière instance il était lui aussi concerné par toute décision prise en matière de travaux domestiques : pour quoi n'embauches-tu pas celle-ci qui a au moins l'air d'être une personne décente ? »

Je crois que dans ce roman il y a des éléments qui sont fondamentaux parce qu'il ne cesse d'être littéraire et en même temps il s'attache à rendre le parler populaire de certains mondes féminins qui paraissent tantôt tellement fermés, tantôt tellement étrangers au monde de l'homme. Cela est un apport extraordinaire parce que c'est une chronique d'une psychologie sociale inédite dont l'écheveau de relations raciales et de genre est d'une richesse encore inappréciable.

Réellement, je crois qu'il va être très difficile de classer ce roman. L'important est que sa lecture est absolument délicieuse alors qu'elle traite de la vaillance à affronter les conflits de la société cubaine d'aujourd'hui, de la culture cubaine, de l'expérience des migrations, de l'existence de pôles tellement divers de cette culture qui sont disséminés dans l'univers, sachant qu'au jour d'aujourd'hui la culture cubaine est seule et unique. Ne manquez pas Les Bonnes de La Havane. Oubliez tout ce que vous avez pu lire et écrire sur les bonnes, en n'importe quel lieu de la planète, en particulier dans ce Tiers Monde. Oubliez Jean Genet et lisez Pedro Pérez Sarduy.
Nancy Morejón, La Havane, 15 février 2002

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