Peut-on parler de bonheur en ce début de siècle guerrier, terroriste, parfois
même tortionnaire ? Oui, si la gageure s'interdit la langue de bois, si la
libre parole est offerte à une grande diversité d'écrivains qui, au-delà des
divergences idéologiques, savent que le sens émerge toujours d'un tout
relié.
Pour ouvrir notre réflexion sur Le bonheur, le philosophe Robert
Misrahi analyse les actes de la joie et de l'accomplissement, Guy
Benoit, fondateur de la revue «Mai hors saison» dénonce un malentendu,
Gil Jouanard, en nomade casanier, et Guy Allix, en poète,
louent le bonheur alors que le romancier Maurice Cury affirme qu'il
n'existe peut-être pas, rejoignant Dominique Boudou qui le traite de
«fenêtre fermée».
Pourtant, Jocelyne D'agostino évoque un «doux rêve» de l'homme
idéal, Dominique Daguet, la lumière d'un amour vivant, Georges
Sedir une quête initiatique sans fin, rejoignant alors Edmond Outin,
l'essayiste et Olivier Peyrebrune, l'astrologue.
Quant à l'anthologie de l'année, elle donne à lire des poèmes rassembleurs
signés entre autres Caroline Combe, Chantal Danjou, Patrice
Delbourg, Bruno Doucey (directeur éditorial des éditions
Seghers), Jean-Pierre Rosnay, Alain Suied...
Pour compléter ce quatorzième numéro des Cahiers du sens, outre
les habituelles notes de lecture et des extraits de plusieurs carnets de
voyage, un «dossier spécial» célèbre avec bonheur, et pour la première
fois, Olivier Germain-Thomas, grand écrivain-voyageur, producteur
d'émissions reconnues comme «Agora» et For intérieur», auteur de
plusieurs récits inoubliables sur ses périples en Inde et à travers le monde
entier. Dans cette présentation d'un itinéraire surprenant, on découvrira
une nouvelle inédite d'Olivier Germain-Thomas et un insolite
portrait littéraire de ce dernier par Jean-Luc Maxence.
La rédaction