La référence à l'archipel, héritière des philosophies
post-modernes et des critiques postcoloniales, est entrée
en force dans les discours critiques francophonistes, à la
suite d'Edouard Glissant. La métaphore a été mise au service,
successivement, d'une modalité de regroupement,
d'évanescence et de coalescence romanesques, ou de discontinuité
répétitive.
Aborder l'archipel, c'est d'abord tenter de le définir.
On doit ensuite constater que l'archipel s'est offert à
l'imaginaire de manière infiniment moins riche que l'île,
à tel point que ceux qui habitent dans des archipels ne les
ont jamais désignés comme tels. L'archipel serait-il seulement
une démultiplication de l'île ? Ou, au contraire,
serait-il purement et simplement négation de l'île ?
Ici, des comparatistes, des sinisants, des politologues,
des historiens, des céramistes, des linguistes s'interrogent,
chacun à partir de sa discipline, sur les significations
et sur la représentation du fait d'archipel : archipélagie,
archipélité, archipélie.