Dans quelle mesure les dynamiques sociales de réseaux, si ancrées dans
les cultures africaines, suscitent-elles des processus d'adhésion et de participation
à la mondialisation ? Les réponses de chercheurs d'équipes d'horizons
divers sont multiformes, à l'image de la richesse des processus d'appropriation
ou de réappropriation par les Africains, ouverts aux diasporas, de
tout ce qui peut accompagner les solidarités : associations de femmes ou de
jeunes, à dimensions locales ou internationales, réseaux professionnels ou
ludiques, le tout à l'heure des dures lois des marchés, du tourisme concerté
ou subi, de l'avion et de l'internet.
Les liens sociaux ainsi renouvelés servent-ils de vecteurs aux modèles
de développement, de pensée, de culture de système-monde au moment où
la Chine et l'Inde sont en train de prendre une place de plus en plus importante
à défaut d'imposer des modèles ? A contrario, produisent-ils des
formes d'autonomie, voire de résistance à la mondialisation débouchant sur
de véritables replis identitaires au nom de l'authenticité, de la négritude, du
self reliance, du nationalisme ou de l'indépendance ?
Cette réflexion a été lancée au début de 2001 dans le cadre d'une
recherche expérimentale sur les «dynamiques locales de la mondialisation :
les Afriques en perspectives» pour le nouveau contrat d'objectifs de la
Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine. Les contributions émanent
d'approches de ces questions par différentes disciplines des sciences
humaines et sociales : géographie, sciences politiques, anthropologie,
sociologie ou information-communication.