Les politiques de coopération internationale entre le Nord et le Sud
révèlent traditionnellement l'idéologie propre au dominant. Dans la
conjoncture, le néo-libéralisme reflète la difficulté partagée par le Nord
et le Sud de concevoir des relations plus égalitaires entre les deux.
Cependant, on ne pourra comprendre l'ampleur que connaissent
ces politiques sans analyser leur articulation avec les facteurs
socioculturels internes, qui expliquent mieux à la fois leur diffusion
et leurs effets pervers. Cette hypothèse - le primat des processus et
des facteurs internes dans le devenir des différentes sociétés -
n'est pas partagée par tous les analystes et chercheurs. Loin de là.
La conviction que la «faute» est à l'extérieur est largement répandue
et a été présente dans les débats du Forum de Delphes. Dans
ce cas, l'analyse de l'intérieur est fortement idéologique et les solutions
préconisées sont attendues de l'extérieur.
Au contraire, l'hypothèse, qui oriente les travaux du Forum de
Delphes depuis sa naissance, est que le devenir d'une société est
déterminé par les réalités sociales et les actions internes. La
contrainte externe peut être maîtrisée par les acteurs ou, au
contraire, se greffer dans les processus internes à l'insu des acteurs
locaux. Par exemple, le libéralisme dont un des aspects est l'inversion
du primat du politique sur l'économique, est le résultat des
actions internes à l'Occident..
Cet ouvrage prolonge la rencontre internationale du Forum de
Delphes, organisée à Delphes en octobre 2001. Il est l'aboutissement
du projet «Mondialisation et coopération internationale», lancé
trois ans auparavant, et visant à approfondir l'analyse des politiques
économiques dans la conjoncture de mondialisation, telles
qu'elles se dessinent, notamment, dans le domaine de la coopération
internationale.