Nul ne répond mieux ni plus discrètement à l'idée qu'on peut se faire du poète, à la fois présent à la modernité par son regard mais absent de tout tapage médiatique par goût et par éthique, secret dans son oeuvre au point de n'avoir aujourd'hui publié encore aucun poème alors que son premier film date d'il y a quarante ans.
Cinéaste, Jean Barral s'est attaché à rendre un amical hommage à ceux qu'il admire: Robert Desnos, Heinrich von Kleist, Edgar Poe ou Arthur Rimbaud.
Mais il est temps d'arracher le poète à sa discréation et de découvrir cette «aire de liberté» qu'il a su maintenir en rêvant «d'une grande étendue où l'on s'éveillerait dans la lucidité parfaite des anges.»
Et de saluer une écriture faite précisément de l'alliage alchimique du lucide et du sensible qui est à mon sens le signe même de la poésie.
Jean-Dominique Rey