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Le jouet triste. Pour la mort d'Ishikawa Takuboku. Diverses choses sur la poésie

Takuboku Ishikawa
  • 03/10/2016
  • Arfuyen
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Couverture de Le jouet triste. Pour la mort d'Ishikawa Takuboku. Diverses choses sur la poésie par Takuboku Ishikawa

Résumé

« Finalement Ishikawa est mort. Il était 9 heures et demie, le 13 avril, la 45e année de Meiji. Quatre ou cinq jours auparavant, il m'avait demandé de faire publier un recueil de poèmes, car il n'avait plus le moindre argent. » Ce recueil, Toki Aika le fera paraître deux mois plus tard, en juin 1912.

Sur la première page du « cahier sombre » où il avait noté les 194 tankas qui composent le livre, Takuboku avait porté pour seul titre cette inscription : « Après Une poignée de sable, commencé fin novembre, 43e année de Meiji ». De crainte d'une confusion avec Une poignée de sable, le précédent et encore unique recueil de Takuboku, publié deux ans auparavant, Toki préféra retenir un autre titre, inspiré des derniers mots d'un court essai de Takuboku, « Diverses choses sur la poésie », publié en décembre 1910 : « Il me faut continuer de mener cette double vie insupportable, écrivait Takuboku, car il n'y a pas dans ce monde d'autre manière de vivre. J'ai beau me fournir toutes sortes de justifications, mon existence a bel et bien été sacrifiée à l'ordre familial, au système de classes, au capitalisme et à la commercialisation du savoir qui actuellement nous gouvernent. » Et, à la ligne, cette phrase finale : « Je baissai les yeux. Semblable à un mort, jetée sur le tatami, une poupée gisait. La poésie est mon jouet triste. »

Alors que nombreux étaient, dans Une poignée de sable, les poèmes liés à des souvenirs, Le Jouet triste se concentre sur l'observation des pensées dans le mouvement même de leur surgissement. Mieux que tous ses textes antérieurs, ce livre constitue ainsi, pour reprendre une expression du poète, une sorte de « journal du mental ». C'est l'attention portée à chaque instant de la conscience qui lui fournit le matériau dont les tankas sont l'élaboration finale. Lucide sur ce processus, Takuboku précisait dans son essai de 1910 le sens de cette poétique : « Il est bon, écrivait-il, de chanter librement ce qui nous inspire, sans nous laisser limiter par quoi que ce soit. Si l'on procède ainsi, dans les limites de notre condition, cela qu'on appelle la poésie - cette émotion propre à chaque instant de ce qui se lève et s'efface dans le coeur au sein de notre vie affairée - Cela ne périra pas. »

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