Les personnages principaux de ce roman forment un quatuor des plus simples, au sein duquel chacun agit par une sorte de mimétisme à demi conscient. Boris, personnage travaillé et sorte d'Arlequin douloureux, servira peu à peu de confident, de secrétaire improvisé, voire de fils adoptif de Solange, vieille dame divorcée dans le temps pour des raisons mal définies. L'attachement de Boris aux autres personnages tient à diverses circonstances, mais au fur et à mesure que leur chemin se déroule, tous se trouvent confrontés aux stratégies du mensonge. Il flotte dans ce roman une atmosphère indécise, une nostalgie du présent selon l'expression de l'un d'eux, peut-être inspiré par Boris, lequel est le premier à réorganiser sa vie en explorant les instants et les lieux de vérité. Scrupuleux vis-à-vis de ceux qui l'entourent, servant malgré lui d'entremetteur ou de guetteur, il éprouve rapidement le lien indissoluble entre vérité et liberté, l'une étant la condition sine qua non de l'autre. Roman qui traite de la difficulté à prendre des décisions quand elles s'imposent, de la libération qu'elles sont susceptibles d'apporter, des visages de l'honnêteté au moins pour soi, quand le visible le dispute au dissimulé. Il suffit parfois d'une minute de brise, de la bienveillance d'un ange pour impulser modestement la force de ces choix.