Peut-on être en même temps si pessimistes en ce qui concerne notre devenir commun, et si empreintes de paix malgré tout ? Peut-on le même jour marcher allègrement le long de ces chemins que nous aimons, et voir aussi le délitement progressif de la plupart des sociétés dont la nôtre, sans être accablées ? Est-il possible d'être de plus en plus heurtées, horrifiées par certaines barbaries qui deviennent le lot quotidien du monde, si bien qu'elles risqueraient de paraître banales à plus ou moins long terme, et de retrouver notre foi en l'Homme au moindre petit acte de gentillesse ou de générosité ? Cet espoir viscéral que chacun porte au fond de soi, souvent sans en avoir conscience, peut-il être le plus fort malgré tout ? N'est-ce pas lui qui d'une situation absurde dans laquelle nous nous sommes tous enfoncés parfois si loin, nous fait remonter soudain à la surface parce que l'espoir est vital dans la vie d'un homme ? Il est un de nos moteurs le plus précieux. Il l'est presque autant que l'incontournable nourriture dont notre corps a besoin. Mais si la faim nous rappelle qu'il faut se nourrir, hélas aucun mécanisme semblable ne peut faire rejaillir l'espoir de manière régulière. A nous de le cultiver et de le transmettre si possible.