"Ayant perdu son père et sa mère, elle se trouva avant sa majorité
dans une situation d'indépendance dont ne jouissent presque
jamais les femmes espagnoles. Elle en profita pour satisfaire, mais
sans tomber dans le péché, ses instincts d'Andalouse et de petite
sauvage aristocratique. Dans son hôtel du faubourg de Salamanca,
elle reçut hommes et femmes qui possédaient, bonne ou mauvaise,
n'importe quelle notoriété. Des savants, des écrivains, des artistes,
des toreros, la politique, la noblesse, les plus belles femmes et les
plus beaux hommes s'y rencontrèrent avec un étonnement non
dépourvu de plaisir. La franchise, même poussée jusqu'au scandale,
attire toujours les sympathies de ce peuple exempt d'hypocrisie.
Soledad devint populaire. On l'appelait La Marquesita, en mettant
dans ce titre familier une impression, presque une émotion d'intimité
et de tendresse..."
Les couleurs, les sons, les odeurs... tout dans ce roman, nous transporte
vers un Madrid du XIXème siècle. A travers l'univers de la tauromachie,
Jean-Louis Talon nous décrit une société madrilène où les
gens, les rivalités et les intrigues amoureuses s'entrecroisent.