«À quoi ressemble Sarajevo ?» demande un homme au début du roman.
«Autrefois, c'était une grande ville, maintenant, tout a brûlé»,
répond son interlocuteur. À quoi ressemble un après-guerre ? se
demande-t-on aujourd'hui que les yeux électroniques du monde entier
ne sont plus braqués sur la défunte Bosnie multiculturelle. À l'errance
de mon personnage principal, répond Natasha Radojcic-Kane.
Revenu devant sa maison natale, après des années passées sur le front,
Halid tourne les talons. Peur de voir sa mère fondre en larmes. Pas
d'humeur à raconter des histoires d'ancien combattant. Trois jours
durant, il traîne dans son village, où chrétiens, musulmans et tsiganes
sont devenus d'irréductibles ennemis. Dans sa volonté de renouer le fil
d'une ancienne liaison et de réparer les fautes passées, il se heurte aux
présences - sa mère ou Mira, son premier amour, comme aux absences
- Momir, son meilleur ami est mort en combattant dans le «mauvais
camp». Mais peut-on changer le cours de l'Histoire ? Mais peut-on
changer le cours d'une tragédie ?
«Plus qu'un roman sur le conflit bosniaque, c'est là un témoignage
poignant sur les effets de la guerre dans les esprits et dans les coeurs.»
Christine Thomas, The Philadelphia Inquirer