« Le général Patton se méfiait beaucoup d'une petite ville au sud d'Angers avec ses quatre ponts : les Ponts-de-Cé. Pendant la guerre, il y avait plusieurs centaines d'hommes et d'officiers allemands entre Mûrs Erigné et les Ponts-de-Cé. Après le débarquement des Alliés en Normandie, ont eu lieu d'intenses bombardements dans cette zone, entre le 28 mai, la nuit de la Pentecôte, et le 30 août A un moment, la zone fut coupée en deux : la partie nord était sous le contrôle des Alliés alors que la partie sud était encore sous contrôle allemand. Angers a été libérée le 10 août, mais Patton ne s'intéressait qu'à la rive droite, et aux Ponts-de-Cé les Américains ne franchissaient pas la Loire et ne poursuivaient pas les Allemands en direction de Mûrs-Erigné.
Les Allemands ont fait régner la terreur : les habitants étaient chassés de chez eux, sous des tirs incessants. Le 20 août, les Allemands ont mené une contre-offensive, repassé la Loire, détruit le poste de contrôle américain, pris 128 personnes en otage, et lorsque Hitler ordonna aux troupes de regagner le Reich, les soldats laissèrent partout des champs de mine, des pièges, des bombes et des projectiles non éclatés.
On n'a jamais su le nombre exact de victimes : victimes des attaques aériennes, des combats, des mines cachées, victimes déportées... Mais on sait que 65 % du patrimoine immobilier des Ponts-de-Cé ont été détruits. La Croix de guerre avec étoile d'argent a été remise à la ville lors de l'inauguration du nouveau pont Dumnacus le 30 octobre 1949, en hommage au lourd tribut payé à la guerre et à la résistance clandestine. »
Extrait de l'article consacré à Madeleine Chanteux
Ouest France - 3 Août 2014