«La légende de Rimbaud perdure. Le tempérament
dont il fit preuve, les scandales qu'il aima provoquer
y sont pour quelque chose, mais aussi l'effacement
auquel lui-même, à partir d'une certaine période, procéda. Peut-être
en ce cas faudrait-il se contenter de l'oeuvre, quoique, à bien
y réfléchir, on puisse se demander, là encore, s'il souhaita qu'elle
nous parvînt (hormis Une saison en enfer qu'il publia pour bientôt
s'en détacher, du reste). Le désintérêt que très vite il manifesta à
l'égard de sa création, son obstination à traverser la vie avec une
rapidité qui a tout d'une urgence, ont contribué à le constituer
avant tout en «personnage» défiant la littérature et, par certains
côtés, la postérité. On sait toutefois que celle-ci fut d'autant plus
curieuse de le connaître qu'il ne lui abandonna que de rares
indices pour se repérer dans un parcours qui, de toute façon,
semble avoir coïncidé avec quelque dessein secret.»
Jean-Luc Steinmetz
Du Bateau ivre jusqu'à l'agonie à Marseille, de la bohème
parisienne au voyage à Java et, bien sûr, au commerce en Arabie
ou au Harar, la vie d'Arthur Rimbaud nous apparaît ici «belle
de logique et d'unité», comme le soulignait il y a un siècle Paul
Verlaine. À Charleville, à Paris, à Londres ou à Aden, la présence
du poète trouve, sous la plume de Jean-Luc Steinmetz, un
éclairage neuf.