Après Reflets du silence, Paroles d'eau,
Miroirs de l'ombre, Les Jeux de
l'écume, Échos d'un soleil, La Cendre
des heures, voici Les Allées du temps.
Tous ces titres évoquent les secrètes alliances
du visible et de l'invisible -
surface et profondeur des choses - de
leurs résonances sur la sensibilité du
poète. Jacques Taurand, mezza-voce,
son registre préféré - ce qu'avait souligné Pierre Seghers
- nous dit l'inexorable coulée du temps, car, il est vrai :
l'illusion même de tenir / se démaille. Mais, plus que les
regrets, ce qui importe c'est de retrouver le chant de la vie
dans le poème ; cette saveur, Jacques Taurand sait finement
nous la restituer. Seul, face à son destin, ou parmi ses frères
dans la cité, le poète demeure un écartelé sur cette terre,
mais il espère et n'a crainte de conclure : Viens dans ta robe
/ de soleil / belle journée à vivre... Alors, sans plus tarder,
suivons-le et retrouvons avec lui, au temps du poème : ce
bruit de vivre / comme un pas ancien / dans une allée
perdue.