Nice n'est française qu'en vertu du traité de Turin
signé le 24 mars 1860 par Victor-Emmanuel II et
Napoléon III qui désirait transformer le Pays de Nice
en bouclier à ses frontières. Mais 143 ans de
domination française ne constituent qu'une parenthèse dans ses vingt-cinq
siècles d'Histoire... Souvent attaquée, pillée et rançonnée par les
troupes françaises, Nice a vu sa liberté confisquée frauduleusement
par Napoléon III, puis par la IIIe République, héritière de cette
forfaiture. Aussi ancienne que Lutèce, érigée en commune libre et
indépendante dès 1108, source d'une ancienne et riche culture, Nice
n'avait rien à apprendre et tout à craindre du jacobinisme parisien dont
le but a toujours été de gommer son histoire. Le peuple niçois colonisé
et précipité de surcroît dans trois guerres meurtrières dont il n'avait
que faire, a toujours résisté à cette assimilation et certains osent le lui
reprocher.
Depuis près de deux millénaires, le Pays de Nice est titulaire de
droits certains. Annexé comme la Savoie, par le biais d'une
occupation militaire suivie d'un plébiscite truqué, Nice s'est rebellée
en 1871, exprimant par la voie des urnes sa légitime volonté
d'indépendance. La IIIe République étouffa la voix des Niçois en
instaurant la dictature à Nice. C'est pourquoi, depuis lors, le problème
est pendant et beaucoup de Niçois ne l'ont pas oublié.
Dans cette étude, particulièrement brillante et extrêmement
documentée, l'auteur apporte la preuve que le traité de Turin est caduc
pour de multiples raisons de droit et de fait :
Mars 1860, traité invalide et par la suite non respecté. Avril 1860,
occupation militaire française suivie d'un plébiscite truqué. 1871,
dictature à Nice. 1940 : suspension du traité de Turin. Février 1947,
traité de Paix international : non respect des clauses fixant les
modalités de remise en vigueur du traité de Turin...
Nice et la Savoie sont donc libres de choisir leur destin (comme la
Corse, car le traité de Versailles signé en 1768 est également abrogé).
Tous les grands pays d'Europe sont fédéraux ou accordent des
pouvoirs très étendus aux régions ; le centralisme français est une
exception anachronique appelée à disparaître. Nice et la Savoie, lasses
de subir injustement les effets désastreux de la décadence française,
sont fondées à réclamer l'indépendance à laquelle elles ont droit.