L'auteur, tout jeune officier, débarqua en «Indochine» en
mai 1953, moins d'un an après sa sortie de l'Ecole. Affecté
à un bataillon «implanté», le destin voulut qu'il fût bientôt
commandant de la compagnie «opérationnelle». C'est ainsi
que pendant six mois, il parcourut le delta du Tonkin en
tous sens. Grièvement blessé en mars 1954, il fut rapatrié
sanitaire en France en avril. Sa vie suivit son cours ; puis il
quitta l'Armée.
La campagne d'Indochine l'avait marqué profondément, lui,
comme beaucoup d'autres soldats de métier. Quand il prit
sa retraite civile, «il ressentit l'impérieux besoin de porter
témoignage».
Il reprit alors la plume et raconta ses mille et une aventures
quotidiennes, bénignes ou sanglantes. Ce n'est d'ailleurs pas
son personnage qu'il faut voir, mais celui de ses frères
d'armes, officiers, sous-officiers et soldats de métier, dont
beaucoup laissèrent leur vie dans la rizière, derrière une
«diguette» ou un coin de haie de bambous, ces hommes qui
firent au Vietnam un ou plusieurs séjours sans hésitation ni
murmure, comme le veut le règlement d'infanterie. L'auteur
voudrait rendre hommage à ces «héros» déjà presque
oubliés de la nation.