L'accueil favorable réservé au cahier de Littératures
contemporaines présentant aux lecteurs d'aujourd'hui quinze
romans qui nous paraissaient dignes d'être redécouverts,
nous a incités à récidiver au profit de huit poètes du siècle.
Nous avions proposé quelques noms, d'autres ont été parfois
retenus, de Toulet, le doyen, à Jean Grosjean,
récemment disparu. Ainsi, bien que la première moitié en
soit mieux représentée, le XXe siècle est-il envisagé dans sa
continuité. Une certaine cohérence se manifeste dans notre
choix comme dans ces études. D'abord entre les élus et
ceux qui n'avaient pas à être promus, tant leur audience est
devenue grande. On découvrira, par exemple, une parenté
secrète entre Jammes et Ponge ou Réda. Et si Péguy est là,
peut-être n'est-ce pas pour les raisons attendues. De
l'«humilité» pourraient se réclamer Max Jacob ou Marie
Noël. Autre dénominateur commun : l'inquiétude
spirituelle, mais qui n'interdit ni la distance de l'humour ni,
comme chez Fargue ou Audiberti, les jeux de la fantaisie.
En refusant d'éluder les problèmes techniques, toutes ces
études permettront de ne pas séparer, dans l'histoire de la
poésie contemporaine, la matière de la manière.