Depuis huit millénaires au moins, les sociétés agricoles
ont considéré le sel comme une source de vie et de
richesse dont l'origine s'inscrivait dans les mythes. Les
approches croisées des ethnologues, des archéologues,
des historiens et des environnementalistes permettent
aujourd'hui de renouveler profondément nos connaissances
sur l'exploitation généralisée de l'eau de mer,
des sources salées, des terres salées et du sel gemme.
Ainsi, d'extraordinaires techniques ont été mises en
oeuvre, tandis que les logiques sociales plaçaient le sel
au centre des systèmes de croyance, un peu partout
dans le monde.
Les vingt-quatre contributions regroupées dans cet
ouvrage ont été présentées en octobre 2006 lors d'un
colloque international du bicentenaire de la mort de
Claude Nicolas Ledoux, l'architecte génial de la Saline
Royale d'Arc-et-Senans. Rompant avec les limites
entre disciplines scientifiques et les cloisonnements
géographiques, les auteurs proposent une nouvelle
lecture de l'exploitation du sel en abordant la longue
durée, depuis la Chine et le Mexique préhispanique
jusqu'à l'Europe préhistorique, ou encore des salines
médiévales continentales au sel antique méditerranéen.
C'est donc d'histoire technique et sociale
qu'il s'agit, en relation avec les modifications
environnementales.