Les forteresses volantes des Alliés commençaient à bombarder
les troupes allemandes à travers la Hongrie. Des rumeurs extravagantes
et sinistres couraient sur les camps de travail et ceux
de prisonniers. Les alertes se succédaient, les bombardements
également. J'apprenais à redouter la beauté des nuits claires.
Et pourtant, j'étais heureuse. Entre deux alertes, le coeur battant,
je courais rejoindre Henri. J'étais amoureuse et de cette
façon-là la vie était belle. J'avais peur aussi. Peur pour moi,
peur pour lui, peur surtout de ne plus jamais le revoir.
La vie dorée de Bözsi, une jeune fille issue de la haute
bourgeoisie juive hongroise, bascule. Ruiné, son père se
suicide, son frère part pour le STO. Sa belle-mère sera
déportée. Désormais obligée de fuir, l'adolescente fait
face. Sur son parcours où seules la peur et la mort semblaient
au rendez-vous, elle rencontre une bande de
jeunes soldats français, de joyeux lurons que rien n'abat
et parmi eux Henri, un médecin, un évadé lui aussi.
L'amour de toute une vie.
À ses côtés, elle trouvera la force de se cacher des
semaines dans une cave, de faire les pires corvées, de
supporter toutes les humiliations. Avec eux, avec lui surtout,
elle réapprendra à rire, à vivre coûte que coûte.