Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est
célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions
et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle
se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du
moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est un fait
reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque
jamais mortel...
Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la
jeune femme, deux médecins ont été appelés. L'un, le
docteur Canivet, relève des traces discrètes de contusions
; l'autre, le professeur Larivière, pourra témoigner
des derniers mots chuchotés par Emma :
«Assassinée, pas suicidée.»
Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville
afin d'élucider l'affaire. Et les voilà bientôt nantis de
plusieurs suspects possibles : un mari cocufié, un prêteur
sur gages, deux femmes de caractère, un cynique
libertin, un pharmacien concupiscent...
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma
suffoquait d'ennui, Philippe Doumenc orchestre une
contre-enquête brillante et talentueuse - un vrai et noir
roman qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même
feignait d'ignorer.