Yrieix Masgonthier de Laubanie (1641-1706), un des plus
grands stratèges de son temps, a vécu en soldat vertueux et discipliné
la plupart des guerres du Roi-Soleil.
Né dans une famille bourgeoise limousine et périgoürdine qui
appartient à la maison civile du roi, il entre au service en 1661 au
régiment de La Ferté. Nommé lieutenant en 1666, il devient, après
avoir été anobli en 1675, major général de l'infanterie en 1684,
inspecteur général en 1687 et lieutenant général en 1702. Deux ans
plus tard, il est élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre royal et
militaire de Saint-Louis.
D'une bravoure devenue légendaire et, fait remarquable pour
l'époque, fort savant, spécialiste de la guerre de siège, il doit à son
indéfectible amitié pour Vauban, alors tombé en disgrâce, et à son
franc-parler de ne pas avoir été fait maréchal de France malgré les
hauts faits d'armes à son actif depuis sa participation à la victoire de
Saint-Gothard, en 1664, jusqu'à la brillante défense de Landau, en
1704, qui permit de sauver l'armée d'Alsace mais où il reçut une
blessure qui le laissa pratiquement aveugle.
Grâce à Philippe Tenant de La Tour ressurgit non seulement le
destin d'un héros oublié à cause de l'animosité d'un secrétaire
d'Etat à la Guerre, car Laubanie ne manquait pas d'émettre des
critiques - comme en témoignent plusieurs de ses lettres parmi les
centaines qui ont été conservées - quand son devoir et sa
conscience lui en faisaient l'obligation, mais aussi la vérité d'un
officier qui a fait l'objet de quatre thèses à l'école de guerre
allemande.