La submersion des terres est un des sujets les plus fréquemment traités
dans les mythologies. Et parmi les récits les plus connus, on trouve évidemment
le Déluge biblique, adaptation tardive de légendes mésopotamiennes qui
remontent à la période sumérienne.
Toutefois, ce thème du déluge ne se limite pas aux traditions du seul Proche-Orient,
et on le retrouve un peu partout dans le monde, depuis les déluges
grecs d'Ogygès et de Deucalion, jusqu'aux grandes inondations évoquées dans
le Popol-Vuh, le livre sacré des Maya-Quichés, en passant par les déluges chinois
de Yao et de Yu le Grand. Quant aux traditions européennes, elles ne sont pas
en reste, avec des récits de villes englouties, telle la mythique ville d'Ys.
Et puis, bien sûr, qui dit peuples engloutis pense immanquablement à
l'Atlantide. Évoquée pour la première fois par le philosophe grec Platon, l'histoire
de la disparition soudaine de la civilisation atlante n'a cessé d'enflammer les
imaginations. Des générations de chercheurs ont localisé le continent disparu
aux quatre coins du monde, croyant pouvoir identifier des traces de la mythique
civilisation en Méditerranée, à Gibraltar ou aux Bahamas, et jusque dans les
abysses de l'océan Atlantique.
Mais qu'en est-il de la réalité historique de ces récits qui font intervenir
tantôt les flots déchaînés de l'océan, tantôt les eaux d'un ciel vengeur ?
Longtemps sceptiques, les scientifiques ont maintenant les preuves que de
grandes catastrophes ont périodiquement frappé les premières civilisations au
cours des dix derniers millénaires. Géologues, océanographes, astrophysiciens,
linguistes et archéologues mettent aujourd'hui leur savoir en commun pour
reconstituer, au-delà des mythes et légendes, les épisodes dramatiques de la
longue confrontation entre les hommes et les eaux.