L'Amérique peut-elle encore représenter ce
modèle qui a fait rêver depuis deux siècles
? À l'heure de la mondialisation, elle continue de se penser comme
une île en dehors d'un monde avec qui elle se croit en guerre. Elle refuse
les règles internationales, persuadée que la mission civilisatrice et morale
que se sont donnée ses pères fondateurs justifie toutes les dérives. Et si le
rêve américain de liberté et de démocratie n'était qu'un leurre ? Et si
l'Amérique donnait raison à Tocqueville qui prédisait sa dérive vers une
nouvelle forme de despotisme ?
Dans American parano, Jean-Philippe Immarigeon montre que
l'Amérique paranoïaque de Bush, telle qu'elle se présente depuis les
attentats du 11 septembre 2001, n'est ni un accident ni une parenthèse.
Au contraire, elle plonge ses racines dans les fondements de sa propre
histoire. Bâtie il y a quatre siècles sur la préservation d'une vieille pensée
autoritaire et cloîtrée que l'Europe abandonnait, l'Amérique n'est pas le
monde démocratique de demain mais l'Europe d'avant-hier. Nous ne
vivons pas dans le même temps historique. Les attentats de 2001 n'ont
fait que révéler cet antagonisme de deux civilisations occidentales dressées
l'une contre l'autre. Et tout fait penser que cette guerre, l'Amérique va
la perdre.