Le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l'État
est votée, mettant fin à cent ans de Concordat et d'Église catholique
promue au rang d'Église officielle, mettant fin à des siècles d'intolérance
religieuse en France.
Par cette loi, l'État garantit la liberté de conscience, ce qui implique
la liberté de croire et, aussi, la liberté de ne pas croire. «La
République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.»
Voici donc sur ce sujet un ouvrage collectif de près de 140 contributions.
Ouvrage collectif parce que nous avons choisi qu'il soit tel.
Ouvrage collectif parce la loi de séparation fut elle-même oeuvre collective,
brassant les diverses tendances du mouvement ouvrier sans
exception, et aussi les démocrates radicaux ou des républicains
modérés. Ouvrage collectif parce qu'issu du combat historique contre
le cléricalisme, à commencer par la Révolution et la Commune de
Paris, en passant par Victor Hugo. Ouvrage collectif parce que s'intéressant
à d'autres pays et à d'autres noms (Zapata, Lénine, etc.).
Ouvrage collectif parce que la loi de séparation fut l'oeuvre de personnalités
telles Briand et Jaurès et aussi (peut-être même parce
que aussi) l'oeuvre d'un peuple en mouvement pour ses revendications,
avec ses organisations, la Libre Pensée avec et dans ce peuple,
non pas isolée mais au coeur du combat pour la séparation.
Un tel ouvrage pourrait ressembler à un habit d'Arlequin composé
de pièces disparates mal cousues les unes aux autres. Nous n'excluons
pas qu'il puisse y avoir ici des redites, là des contradictions,
ici et là des contradictions et des redites. Le lecteur, seul, jugera et
tranchera. Mais, après tout, c'est la vie elle-même qui est faite, aussi,
de contradictions et de redites. Comme l'écrivait l'historien Marc
Bloch : «C'est le tout-fait qui répand la glace et l'ennui.»
Dans cette vie de débats et de combats, pour notre part, en 2005,
nous avons choisi et ce choix tient en un mot : 1905 !