La validation des acquis de l'expérience est une des dispositions
de la loi dite de modernisation sociale votée en janvier 2002.
Elle permet d'obtenir un diplôme, une partie d'un diplôme, ou le
droit de suivre une formation sans remplir les conditions normalement
requises.
L'expérience, ce sont les savoirs acquis par le travail, comme
salarié dans une entreprise ou bénévole dans une association. La
validation donne les mêmes droits que le succès à un examen.
Ainsi, il est dorénavant possible de s'inscrire à l'université sans
être titulaire du baccalauréat ou encore d'obtenir un doctorat
de troisième cycle par validation des acquis de l'expérience.
Admettre que le travail ou la vie associative sont sources de
savoirs et de compétences au même titre qu'une formation
constitue une révolution dans un pays où l'attachement aux
diplômes est très fort. Les salariés et le patronat y sont favorables.
Mais derrière l'accord de principe, divergences et conflits
d'intérêts apparaissent très vite. Pour le Medef, substituer l'expérience
acquise dans le travail au diplôme et à la qualification
qu'il atteste, c'est contribuer à faire de l'individu un acteur de
son parcours professionnel. Ce qui serait éminemment positif si
cela ne revenait pas à le contraindre à faire en permanence la
preuve de ses compétences et de son employabilité.
Outil supplémentaire au service de la gestion des ressources
humaines au seul bénéfice des employeurs ? Ou nouveau droit
pour les salariés, favorisant la promotion professionnelle et un
accès plus facile à la formation tout au long de la vie ? Ce livre
présente les divers aspects d'une innovation majeure de la législation
sociale, mais dont l'usage est loin d'être stabilisé.
Les auteurs travaillent dans les syndicats de la FSU sur les
problèmes posés par la validation des acquis de l'expérience