Le réchauffement climatique fait planer une menace globale sur la planète.
En particulier sur les populations les plus vulnérables du Sud, déjà victimes
des premiers effets dramatiques des dérèglements. En 2005 à Montréal, la
Conférence des Nations unies sur les changements climatiques a tenté de
garantir la pérennité du Protocole de Kyoto au-delà de 2012. Mais la prise
de conscience mondiale se heurte aux intérêts nationaux et les mesures
engagées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre restent dérisoires.
En cause, le productivisme économiciste des logiques dominantes et l'intérêt
à court terme des secteurs qui en profitent. Tandis que le Nord -les Etats-Unis
en tête- refuse ou contourne toute réelle remise en question de son modèle
de société, les nations industriellement émergentes n'acceptent pas de voir
entraver leur propre développement économique. Certaines solutions mises
en oeuvre -crédits d'émission de carbone alloués sur la base des rapports
de force- restent prisonnières de mécanismes du marché qui nient l'équité et
les responsabilités historiques des grands pollueurs. D'autres voies existent,
basées sur les initiatives de villes et de communautés visant l'amélioration
de l'efficacité énergétique et la mise en oeuvre de technologies propres. Sans
attendre les effets lointains de ces politiques, les pays du Sud exigent aussi que
les principaux responsables du réchauffement payent pour les dégâts causés,
en les aidant à s'adapter à la part des changements climatiques devenue
inévitable. Jusqu'à présent, le Nord a largement fait la sourde oreille. Un
nouveau partenariat Nord-Sud est pourtant indispensable, tant pour prévenir
le pire que pour guérir des premiers soubresauts du climat.