Regarder faire, dépeindre les savoir-faire et saisir ce qu'à travers les gestes,
les mains révèlent... De l'antre du fondeur aux réserves du musée Rodin,
jadis atelier du «maître», Jean Yves Cousseau approche l'oeuvre sculptée,
observe, dévoile sa mise en oeuvre.
Matière travaillée, fondue, façonnée, choyée, préservée, restaurée, à l'état
de cire, en plâtre ou de bronze, maculée, patinée, couverte d'argile ou
enfouie dans le sable, tantôt soulevée par des chaînes de palans, tantôt
portée par des mains vivantes, érigée ou gisante, conçue pour être éternelle
et pourtant si vulnérable, la sculpture, bien qu'inerte, reflète une troublante
humanité et demeure aussi insaisissable que la vie qu'elle exalte.
En mettant en lumière la face cachée, secrète, la manière noire de la sculpture,
l'auteur rend hommage à l'art et à l'excellence de ses artisans, hommage
auquel s'est associée Antoinette Le Normand-Romain, conservateur général
au musée Rodin, en illustrant les relations que ce «sculpteur des mains»
entretenait lui-même avec ses fondeurs. Complices, Alain Rebours évoque
les «chemins de traverse» de l'auteur tandis qu'Alain Madeleine-Perdrillat
nous éclaire sur son approche photographique.