Royaume de l'artifice
propose une histoire culturelle du kitsch, phénomène esthétique dédaigné comme « de mauvais goût » ou relevant d'une imitation à bon marché de l'art. À l'encontre de ce poncif, Céleste Olalquiaga montre que le kitsch est le produit d'une sensibilité à la perte, et elle analyse comment, dans l'intégration définitive de l'artifice à la culture au cours du XIXe siècle, se joue la re-création, à la fois mélancolique et exaltée, d'expériences qui n'existent que comme souvenirs ou fantasmes.
« La remarquable connaissance qu'a Olalquiaga de la littérature et des arts mobiliers, de l'architecture et des revues, des porcelaines et des imageries du siècle, lui permet d'identifier des objets exemplaires - le Crystal Palace à Londres, la grotte de Vénus à Linderhof voulue par Louis II de Bavière, le Nautilus imaginé par Jules Verne... - et d'organiser entre eux des relations soudain évidentes. Elle pratique l'histoire et l'anthropologie culturelles avec l'élégance fluide qu'autorise un savoir impeccable. »
Philippe Dagen, Le Monde des Livres, 26 décembre 2008