Quand quelqu'un agit, il sollicite de nombreuses facultés pour imaginer, prévoir,
décider, organiser, etc. On peut être tenté de croire que l'action dépend de l'efficacité
de chacune de ces fonctions successivement.
Le choix du Ramain est autre. Il considère la personne comme un tout dans lequel
chaque fonction dépend des autres. Prévoir, c'est déjà envisager la décision, organiser
l'action dépend de la façon dont on l'a imaginée. Et vice versa. Le réseau des
possibilités est immense alors même que toutes ne sont pas autant développées.
L'action sera d'autant plus performante que la personne parviendra à mettre en
relation au même moment le plus possible de ces aptitudes. Même s'il saute le plus
haut, le joueur de basket qui saute à contretemps n'est pas efficace.
C'est dans ce sens que le Ramain cherche à apprendre à mettre en relation, à éviter
les tris préalables qui définissent a priori l'utile et l'inutile, à oser le risque d'être
surpris. Il y va du projet capital de devenir Sujet.
Un livre que j'ai eu grand plaisir à découvrir et à introduire, engagé, pragmatique,
croisant la théorie, la pratique, le témoignage, et qui a toute sa place dans les questionnements
autour de la refondation de l'Éducation pour des publics diversifiés, en posant
comme visée éthique de contribuer à une plus grande humanisation.
Extrait de la préface de Marie-Françoise Bonicel