Dom Juan : « Séducteur, homme sans moeurs et sans conscience, mais agréable dans ses manières, et se faisant un jeu de perdre les femmes de réputation », telle est la définition que Littré nous donne de cette espèce d'homme que, grâce à Molière, on appelle tout simplement un don juan. Grandiose dans son cynisme, grand pécheur devant le commandeur, d'où vient que ce vilain se soit transfiguré au cours des siècles et n'ait gardé pour nous que ses attraits ? Don juan : « Grand séducteur », lit-on aujourd'hui dans le dictionnaire. Autres temps, autres moeurs ? Interprétation nouvelle de la pièce ? Il nous semble entrevoir un petit sourire de monsieur Molière... Le misanthrope Dans un ouvrage récent, un professeur américain affirme que tous les personnages de Molière le représenteraient lui-même : avare, tartufe, don juan... Molière aurait été tout ça... , - Sans vouloir apporter de l'eau à ce moulin anglo-saxon, Molière aurait pu certainement s'écrier : « Alceste, c'est moi! » - à condition d'ajouter aus-sitôt : « Philinte, c'est moi tout autant. » Ce dialogue de Molière avec lui-même, c'est la lutte plus ou moins vive en chacun de nous de la raison raisonnable - qui frise la lâcheté - avec les exigences de la vertu - qui frisent le ridicule. Et pour l'éternité maintenant, ces forces ennemies qui nous habitent ont trouvé un visage. Alceste doublé de Philinte, c'est moi, c'est toi, c'est lui.