Palières : à la fois thyrse et machine à étages, où chaque marche déboucherait sur la promesse d'une image, ou d'une fable, illustrant le défi de demander raison à ce défaut de perspective d'être de biais au monde. Ainsi apparaît une construction conçue d'emblée pour prendre la mesure d'un rêve sans retour, comme pour réunir les objets flottants d'une mémoire lâchée au large de mille arpents. S'ensuivent heurts et souvenirs d'une enfance retorse gardée en ses divers lieux clos, tous liés à l'amitié de l'ombre, et ponctués de départs soudains et de creusements du monde réel, saisis en leur « mécanique d'apparence » (la baie, les nuages, la neige, la halte, le puits, entre autres indices d'un ailleurs sensible, insaisissable) autour de quoi s'inscrivent les événements. La langue vient ainsi baliser cet espace que le désir de fuite a ouvert et qui se dessine ici en cercles et en figures réglées selon l'alerte. Fumées et menaces, donc, chutes et lointains, faits et hasards, échancrures et débords, les récits se tordent au fil des jours pour finalement se rejoindre, comme les torons commis ensemble pour former une corde sans fin autour de trente-deux paliers venus en prévenir l'échappée.