Kenneth Clark nous propose ici une histoire de la représentation du paysage et des phénomènes naturels : les flammes et les flots, la lumière orageuse, le traitement du ciel, l'emplacement de la ligne d'horizon, les couleurs du crépuscule, le clair de lune, etc. L'auteur aborde tour à tour quatre types de paysages : les paysages symboliques, par exemple les jardins clos dans la tapisserie de la Dame à la licorne ; les paysages réalistes, comme ceux créés à l'aide de la camera obscura par Alberti ; les paysages fantastiques - pensons à ceux de Jérôme Bosch ; puis les paysages idéalisés comme ceux de Nicolas Poussin. La deuxième partie du livre envisage la peinture du XIXe siècle, quelques artistes sont alors traités plus en détail : Constable, Courbet, Turner, Van Gogh, Seurat, Pissarro et d'autres. En étudiant le contenu intellectuel des paysages, l'auteur esquisse une histoire de la reconnaissance de cette peinture reléguée d'abord à l'arrière-plan, elle s'affirme en effet comme un lieu de recherche déterminant au XIXe siècle. Dans la préface à la première édition (1949), l'auteur précise que ce livre ne se veut en aucun cas un traité théorique de la peinture de paysage ; il s'agit à l'origine d'une série de conférences données à Oxford et s'adressant à un jeune public dans le but de l'introduire au domaine de l'art : " Ces cours visaient à faire réfléchir plutôt qu'à informer ", écrit-il dans la préface à la première édition française (1962). Les grands talents de l'auteur lui permettent de s'adresser à un vaste public sans exclure l'historien de l'art. Ainsi, des feuillages qui courent le long des manuscrits du Moyen Age jusqu'aux représentations de la Montagne Sainte-Victoire par Cézanne, en passant par les recherches sur la perspective et les théories de la couleur, le lecteur réalise que le rapport à la nature est une composante intrinsèque de l'histoire de l'art.